dimanche 11 janvier 2009

Samedi 10 janvier 2009


Notre hôtel se trouve à Vina del Mar, une banale station balnéaire en prolongement de Valparaiso avec sa marina, ses plages et ses appartements à louer. Pour y accéder, il faut grimper l’une des 44 collines qui encerclent Valparaiso, plutôt 45 comme nous le fait remarquer notre chauffeur de taxi. Soit. Notre petit hôtel se cache au milieu d’un quartier résidentiel où toutes les maisons sont entourées de grillages et protégées par des systèmes de sécurité, certaines par des gardiens.

Ici, tout le monde se protège. Les gens sont moins spontanés, moins enthousiastes qu’en Argentine. On sent comme une certaine retenue dans tous leurs actes. L’accueil du rallye fut bien moins chaleureux que de l’autre côté des Andes, mais les Chiliens sont tout de même curieux de tout ce remue-ménage provoqué par le Dakar.

Que c’est bon de retrouver des joggers. Nous étions plusieurs à arpenter le front de mer ce matin. Je pense à mes camarades du club d’athlétisme, contraints de courir par -5°C sur une piste sans âme. Le retour risque d’être difficile pour moi. En revanche, peu de joggers s’essaient à la grimpette des collines. La pente est forte. Je la ferai deux fois pour la peine, sous les yeux ébahis des passants !

Retour au bivouac en début d’après-midi, après avoir profité de l’internet très haut débit de l’hôtel, cent fois plus rapide qu’au PC presse du bivouac. Au début du siècle dernier, Valparaiso était à la pointe du progrès, ce fut l’une des premières villes à avoir un réseau électrique, le gaz, le téléphone…

La vieille ville de Valparaiso et ses ruelles bruyantes et animées jouxte le port de commerce et ses montagnes de containers. Coincée entre le Pacifique et la corniche, Valparaiso paraît bien à l’étroit. Ici, pas question d’axes parallèles et perpendiculaires, ni de larges avenues comme en Argentine. Les ruelles se tortillent entre les bâtiments d’Etat au style ancien, un peu suranné, et les immeubles modernes. Hélas, la saleté est partout. Les trottoirs sont jonchés de papiers, sacs et autres détritus, idem pour les abords des routes chiliennes.

Le bivouac déborde d’activité. Les équipes d’assistance s’affairent sur les véhicules. Certains sont désossés, d’autres brillent déjà sous le soleil de plomb. Les mécaniciens suent, les clés grimacent et les marteau cognent, tandis que dans les allées, des centaines de VIP rougeâtres déambulent : ils arrivent directement d’Europe et repartiront dans la foulée.

Ce soir, pas de cantine au bivouac, on sort au restaurant. J’ai repéré un établissement échoué sur la marina : c’est la moitié d’un paquebot arrimé à la côte qui fut transformé en restau. On dîne au-dessus de la mer. Le poisson est excellent. Enfin du poisson ! La cantine du bivouac nous gave de volaille industrielle depuis le départ !

L’air est frais. Des milliers de lumières orange éclairent les collines, tandis que la pleine lune se reflète dans les eaux du Pacifique. Demain, nous quitterons Valparaiso pour La Serena, 400 km plus au Nord, en survolant la Panaméricaine qui monte jusqu’au Canada le long de la côte Pacifique.

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