Neuquen est une ville immense, 150 000 habitants, très étendue le long du Rio Negro. Sales, mal rasés et chargés comme des baudets, nous quittons le bivouac à pied pour essayer de trouver un taxi. La foule est compacte et les embouteillages monstres. Pas de taxi. On arrête un minibus et la pauvre conductrice a dû avoir pitié de nous ; elle nous a conduit directement à l’hôtel, en prenant soin de mettre la ventilation à fond. Il faut dire que l’odeur de quatre « bêtes sauvages » devait être assez pénible à supporter ! L’hôtel Acuman est parfait. La douche durera plusieurs minutes, avec prélavage, puis lavage. Le séchage se passera au bistrot du coin devant un verre de Quilmes…
La conductrice du minibus avait promis de nous prendre à 9h pour retourner au bivouac. Elle est pile à l’heure et repartira avec deux casquettes qui feront sa fierté. A l’aéroport de Neuquen, notre Hercule C130 tremble de bonheur à l’idée de nous retrouver. J’avais omis de vous parler du bruit assourdissant à l’intérieur de l’appareil : un MP3 réglé à fond ne suffit pas à couvrir le bruit du quadrimoteur à hélices qui transperce les nuages.
Le bivouac de San Rafael est situé sur un circuit automobile un peu défraîchi juste derrière l’aéroport. De la ville de San Rafael, on n’aura pas vu grand-chose et les guides sont peu diserts sur le sujet. On y pratique trekking, rafting et VTT dans les sierras et canyons environnants. En fin d’après-midi, le ciel se couvre, l’orage menace est un avis de tempête est lancé sur le bivouac. Il n’y aura que quelques gouttes de pluie, mais les rafales balayent les tentes mal arrimées. Les concurrents arrivent au compte goutte. A 21h, seulement une quinzaine de motos et autant d’autos sont au bivouac, les autres jardinent dans le dernier cordon de dunes à une centaine de kilomètre de là.
Nous somme à 10 km du centre de San Rafael où nous attend notre hôtel, et comme chaque soir, la recherche d’un taxi nous préoccupe. Cette fois, on arrête carrément un pick-up de la police qui nous conduit jusqu’au poste. A l’arrière, le vent est frais et les goutes de pluie nous fouettent le visage. De là, un taxi nous emmènera en centre-ville. San Rafael est une belle ville, quadrillée à l’Américaine comme la plupart des villes argentines. On papote jusqu’à minuit devant un verre de coca en compagnie de motards éclopés qui ont jeté l’éponge : l’un boîte bas, l’autre a le bras en écharpe et le troisième a été lâché par sa mécanique. Ils nous parlent de la difficulté du parcours, de la poussière et de leur collègue décédé. L’annonce de la mort du pilote amateur, dans des circonstances un peu étranges, a bouleversé le bivouac.
Demain, notre bon vieux Hercule C130 nous attend pour un saut de puce jusqu’à Mendoza,le vignoble de l’Argentine, au pied des Andes.
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